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HAGAKURE (Le Livre Secret des Samourais)

posted 03/08/2009, 14h14

HAGAKURE (première partie)

YAMAMOTO Jocho (1659-1719) a écrit HAGAKURE entre 1710 et 1717. Ce texte est resté secret pendant plus de cent cinquante ans. En effet, le clan Nabeshima l'a gardé précieusement comme un manuel d'instruction morale. Vous pouvez trouver ici quelques extraits de ce texte:

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Certains sont nés capables d'agir avec sagesse quand l'occasion le requiert. D'autres se voient contraints de rester éveillés de longues heures, en proie à l'angoisse, avant de découvrir la solution correcte du problème posé. Toutefois, même si ces différences innées sont dans une certaine mesure inévitables, tout un chacun peut développer des dons de sagesse insoupçonnés en adoptant les quatre voeux.
Il semblerait que, quels que soient les dons personnels, quelle que soit la difficulté du problème, tout le monde puisse y apporter une solution grâce à une réflexion suffisamment longue et sérieuse.
Tant que l'on fonde son raisonnement sur son « Moi », on est à la rigueur prudent et astucieux mais on n'est pas sage.
Les êtres humains sont insensés et il leur est difficile de se départir de leur « Moi ». Malgré tout, un individu confronté à une situation ardue a de grandes chances de trouver une solution, s'il parvient à s'abstraire momentanément du problème, à se concentrer sur les « quatre voeux » et à abandonner son « Moi ».

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Nous possédons bien peu de sagesse, toutefois nous avons tendance à nous y référer pour résoudre nos difficultés. Du fait que nous nous préoccupons surtout de nous-même, nous nous détournons de la Voie du Ciel et nos actions deviennent mauvaises. Aux yeux des autres, nous sommes minables, faibles, limités et totalement inefficaces. Quand nous nous sentons inaptes à la compétence véritable, il se révèle préférable de faire appel à quelqu'un de plus sage. N'étant pas personnellement impliqué, il peut se révéler un juge éclairé - puisqu'il n'a aucun intérêt propre -. Il sera en mesure de conseiller le choix le plus judicieux.
Si nous observons un homme qui prend ses résolutions de cette remarquable façon, nous savons qu'il est résolu, autonome, digne de foi et enraciné dans la réalité. Sa sagesse, nourrie des conseils d'autrui, peut se comparer aux racines d'un grand arbre au feuillage épais et touffu.
Il y a des limites à la sagesse de l'être humain, arbrisseau fragile secoué par le vent.

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Réprimander et corriger quelqu'un pour ses erreurs est important. Cet acte essentiellement charitable est la première obligation du Samouraï.
Mais il faut s'efforcer de le faire de façon convenable. Il est, en effet, aisé de trouver des qualités et des imperfections dans la conduite d'un tiers. Il est également facile de le critiquer. La plupart des gens s'imaginent que c'est par gentillesse qu'ils disent aux autres ce qu'ils ne désirent pas entendre et si jamais leurs critiques sont mal accueillies, ils considèrent qu'ils sont incurables.
Une telle façon de penser est déraisonnable. Elle donne d'aussi mauvais résultats que si on mettait délibérément quelqu'un dans l'embarras ou que si on l'insultait. Elle n'est souvent qu'une mauvaise manière de sortir ce que l'on a sur le coeur.
La critique ne doit intervenir qu'après avoir discerné si oui ou non la personne l'acceptera, qu'après s'en être fait une amie, qu'après avoir partagé ses intérêts et s'être comporté de façon telle qu'elle nous accorde son entière confiance, afin qu'elle ait foi en toutes nos paroles. C'est ensuite qu'intervient le tact. Il faut sentir le bon moment et la bonne manière d'exercer sa critique - par missive ou au retour d'une réunion particulièrement agréable -. Il faut commencer par faire état de ses propres imperfections puis amener l'interlocuteur à comprendre, sans prononcer plus de mots qu'il n'est nécessaire.

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