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Martial Art on Web y était ! QUELQUES MINUTES FACE À MORI SENSEI

posted 14/04/2010, 11h52

Le stage de Pâques 2010 de la JKA-Belgium qui a rassemblé à Louvain-la-Neuve quelque 500 karatékas, essentiellement des 1e kyu et des ceintures noires, fut mené, c'est plus que jamais le cas de le dire, de mains de maîtres. En effet, les différents groupes ont suivi à tour de rôle les enseignements de plusieurs grands maîtres japonais. Maître Mori (7e dan) et maître Inokoshi, très sympathiquement transformé, pour la circonstance, en traducteur-interprète, ont accepté quelques instants de conversation à bâton rompu grâce à l'intercession du président de la JKA-Belgium, Philippe Wattieaux.

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Mori SenseiPratiquer un art martial, face à un maître, marque inévitablement tout challenger normalement constitué, mais se retrouver face à Mori sensei, même au repos de part et d'autre d'une table, vaut son pesant d'adrénaline. D'abord par son physique impressionnant, je n'émettrai pas de pronostic quant à son poids proche du quintal métrique, cependant malgré mes quelque 90 kilos, je me sentais presque fluet. Et puis, il y a ce regard qui sans agressivité aucune ne laisse rien passer. On sent bien que le moindre détail est capté inexorablement par ces yeux qui passent par-dessus des petites lunettes de lecture. C'est que le gaillard, qui n'a plus 20 ans, a débuté très jeune sa pratique du karaté. Il eut l'insigne honneur et bénéfice de travailler avec Sugiura Motokuni ô sensei qui lui a laissé, vous l'imaginez, une empreinte indélébile.

Pendant notre aimable conversation, il a gardé la même affabilité que pendant son enseignement où, malgré cette décontraction et ce sourire, les gestes étaient d'une explosivité totale, le corps tout à la fois décontracté et émetteur d'une impressionnante énergie tant physique que mentale. Ses réponses sortaient pareillement de sa bouche, calmes, précises, mais sans contestation possible. Ce qui ne l'empêcha pas de confesser ses multiples problèmes d'articulations, les séquelles de blessures passées. Un guerrier comme lui (si vous voulez visionner un de ses combats les plus fameux contre Yahara sensei voyez ci-dessous ) ne s'en sort pas sans quelques bobos aux côtes, genoux, coudes... mais, dit-il, il faut dépasser tout cela.



Inokoshi SenseiLe premier combat, le plus dur, est contre soi-même. D'autant plus pour lui qui n'a jamais été un modèle de souplesse et c'est donc avec l'aide et les conseils de ses professeurs, avec beaucoup de patience, de courage et d'acharnement aussi, qu'il a atteint le niveau que nous lui connaissons. Doué ou non, pour lui, le leitmotiv doit être le même pour tous les pratiquants de karaté, la répétition inlassable des mouvements, des enchaînements jusqu'à ce que le corps puisse fonctionner de
manière ad hoc comme par enchantement. Le fait d'être au départ aussi peu souple lui a imposé de travailler plus durement encore que les autres et ce handicap s'est, en quelque sorte, transformé en avantage.

Le karaté peut changer une vie. Pour sa part, il désire que son expérience et sa carrière de karatéka puissent servir d'exemple pour tous ceux, jeunes et moins jeunes, qui s'engagent sur cette voie. Que vous soyez doué ou non, le vrai talent – et qui sait la sagesse - vient avec l'âge, avec un travail régulier et sérieux sans compromis.</p>

Guy A. Delhaye
(Photos de Guy A. Delhaye)

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